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Carte scolaire en Belgique juin 4 2007

Publié par tice in : Enseignement, Personnel, vidéos , ajouter un commetaire

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Le 1er juin, je suis passĂ© dans le journal de 20h de TF1 !! :)   pour expliquer la situation des inscriptions en Belgique. La France veut supprimer la carte scolaire. J’ai bien peur que cette mesure ne crĂ©e les mĂŞmes problèmes que ceux rencontrĂ©s par l’enseignement en Belgique (inĂ©galitĂ©s, Ă©coles poubelles et Ă©coles Ă©litistes). Malheureusement, l’intervention est trop courte pour qu’on comprenne les enjeux et les dĂ©fis posĂ©s au monde scolaire actuel. N’empĂŞche, c’est une petite fiertĂ© … :) CNN, my phone number is … ;)

Brevet informatique internet obligatoire en France mai 27 2007

Publié par tice in : Enseignement , 1 commentaire seulement

Le ministre français de l’Ă©ducation nationale vient de rendre obligatoire la rĂ©ussite d’un Brevet TIC appelĂ© B2i pour l’obtention du diplĂ´me de collège (Ă©quivalent du secondaire infĂ©rieur ou du secondaire 3 au QuĂ©bec). Une telle obligation valorise les savoirs et habiletĂ©s Ă  maitriser dans la compĂ©tence TIC, tant auprès des enseignants que des Ă©lèves. La France est donc passĂ©e du statut d’un brevet facultatif Ă  un brevet obligatoire. Bien entendu, celle-ci risque de rapidement poser beaucoup de problèmes compte tenu des chiffres diffusĂ©s dans le rapport 2006 de la SDTICE et de la DUI, puisque seuls 14% d’Ă©lèves ayant acquis le B2i au collège.

Mais qu’est-ce que le B2i, le « Brevet informatique internet »? Lire la description

 

Les TIC, pédagogie disciplinaire ou intégrée ?

 
Bruno Devauchelle, auteur d’une thèse sur le B2I, tient Ă  prĂ©ciser les diffĂ©rences entre les pays. Contrairement Ă  d’autres pays, dont la Belgique, les enseignants français enseignent et Ă©valuent ces compĂ©tences directement dans les activitĂ©s ordinaires des disciplines (ce qui d’ailleurs fait dĂ©bat), alors qu’en Belgique, le Passeport TIC est une activitĂ© disciplinaire, bĂ©nĂ©vole, rĂ©servĂ©e pour le moment au secondaire mais qui s’Ă©tendra au primaire l’an prochain (si tout va bien). Une Ă©preuve d’Ă©valuation externe est organisĂ©e pour vĂ©rifier l’acquisition des compĂ©tences par les Ă©lèves.

Pour une meilleure intégration des TIC :

 
 

C’est bien entendu dans la combinaison d’un enseignement spĂ©cifique (mais en dĂ©finissant des matières, des compĂ©tences rĂ©elles Ă  obtenir, Ă  la manière du Passeport TIC belge) et d’une intĂ©gration dans les diffĂ©rentes disciplines que les TIC parviendront Ă  faire leur place dans une Ă©cole engourdie.
Il est absurde de penser pouvoir assurer la « maĂ®trise » des TIC par les Ă©lèves sans moyens humains nouveaux. On n’ajoute pas une nouvelle discipline sans lui donner les professeurs correspondants, des matières Ă  enseigner, des rĂ©fĂ©rentiels, des sites Internet utiles, etc.

« Il ne suffira pas d’un examen ou d’une injonction supplĂ©mentaire pour faire du B2i un objet commun tant qu’on n’aura pas posĂ© la question de la culture TICE des enseignants ». (Bruno Devauchelle, 24 mars 2007)

D’oĂą mon pessimisme par rapport au plan Cyberclasse : l’investissement est important, mais risque de retomber comme un soufflĂ© ratĂ© avec

 
 

La culture TIC des professeurs actuels et Ă  venir est très rĂ©duite. Les cours dispensĂ©s en agrĂ©gation sont dĂ©plorables Ă  cet Ă©gard. En gros, la CommunautĂ© française (du moins la rĂ©gion Wallonne risque d’ĂŞtre Ă©quipĂ©e d’excellent matĂ©riel, alors mĂŞme qu’aucune instruction pĂ©dagogique officielle n’est dĂ©finie (le prof qui veut ne pas utiliser les TIC pourra continuer son petit bonhomme de chemin) et qu’aucun incitant ne poussera les enseignants ni Ă  utiliser plus le matĂ©riel dans leurs pratiques (le choix d’une classe sĂ©parĂ©e pour l’installation du matĂ©riel est, Ă  mon sens, un très mauvais choix).

 
 

A quand cette valorisation et cette obligation en CommunautĂ© française d’enseigner (avec) les « nouvelles » technologies de l’information et de la communication ? Le reste n’est que dĂ©clarations d’intention et argent mal investi …

  

Aspect public et pĂ©renne d’un blog avril 27 2007

Publié par tice in : Enseignement, Identité numérique, Microsoft, Wordpress , ajouter un commetaire

Pour continuer ma rĂ©flexion sur l’anonymat sur Internet, il est intĂ©ressant de noter que les Ă©lèves ont très peu conscience et de l’aspect public de leurs Ă©crits, et de leur total non-anonymat. Deux vidĂ©os extrĂŞmement bien faites sur le sujet ont Ă©tĂ© rĂ©cemment publiĂ©es par Cybertipline (et trouvĂ©es chez Damien et Mario Asselin)

Mon blog est public ?? Quoi ??

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A cet Ă©gard, je trouve la première campagne beaucoup plus intĂ©ressante que la seconde pour deux raisons : liĂ©e directement Ă  la rĂ©alitĂ© scolaire, elle permet de prendre conscience d’un phĂ©nomène assez abstrait : la pĂ©rennitĂ© des mĂ©dias sur Internet. Comme Anne-Claire Orban, je regrette souvent l’amalgame entre Ă©ducation, information, sensibilisation et prĂ©vention et n’ai jamais Ă©tĂ© favorable au campagne choc bien effrayantes.

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Au-delĂ  des dĂ©rives traditionnelles possibles (publication d’un film privĂ© d’Ă©bats amoureux, violation du droit Ă  l’image, etc.), les jeunes n’ont pas bien conscience que leur blog est public, et que cela pourrait leur nuire plus tard. De plus en plus d’employeurs, avant d’entamer les entretiens, n’hĂ©sitent pas Ă  « googler » le nom et prĂ©nom du chercheur d’emploi. Un article un peu critique, aux opinions politiques trop marquĂ©es, un rythme de vie dĂ©bridĂ© (et photographiĂ© :) ) peut clairement nuire Ă  l’obtention du job en question.

Par ailleurs, retournons le problème et Ă©vitons l’Ă©cueil Ă©ternel qui consiste Ă  diaboliser l’espace Internet. Une prĂ©sence accrue sur Internet peut Ă©galement ĂŞtre bĂ©nĂ©fique, si tant est qu’on a toujours bien maitrisĂ© son identitĂ© numĂ©rique. Et c’est lĂ  un travail considĂ©rable (ce blog peut en tĂ©moigner)

Je suis réel ou je suis virtuel ?

Cela rĂ©pond peut-ĂŞtre Ă  la question Ă©voquĂ©e par Anne-Claire Orban : les deux identitĂ©s (le Moi RĂ©el et le Moi Virtuel) tendent Ă  converger, selon le contexte dans lequel on se trouve (recherche d’emploi, cour de rĂ©crĂ©) et sa maitrise ou pas de l’identitĂ© numĂ©rique. Il n’y a pas Ă  considĂ©rer l’identitĂ© numĂ©rique (le moi virtuel) comme Ă©tant plus « vrai » que la vie rĂ©elle.

Le problème ne se situe pas lĂ , mais plutĂ´t dans l’investissement qui est fait dans les univers virtuels. Etablir un schisme Ă  cette Ă©tape est stupide, dans la mesure oĂą les chats sur MSN sont souvent discutĂ©s en cour de rĂ©crĂ©, ou les vidĂ©os sont discutĂ©es. L’idĂ©e d’une seconde vie (clin d’Ĺ“il Ă  la Second Life, univers virtuel qui a dĂ©clenchĂ© les passions depuis plus d’un an sur la blogosphère et dans les discussions) est pour moi une question superfĂ©tatoire et surranĂ©e : quand bien mĂŞme un univers annexe existerait, il faudrait que des gens rĂ©els s’y connectent pour l’alimenter.

Cependant, on peut clairement noter que la timiditĂ© ou d’autres complexes adolescents sont amĂ©liorĂ©s par le mĂ©dia informatique. C’est donc bien une mĂ©diation, un dĂ©passement des problèmes rĂ©els au travers d’un outil qui lui-mĂŞme permet une identitĂ© numĂ©rique. C’est bien pour ça que les blogs ont un tel succès : parce qu’ils permettent d’exprimer des sentiments rĂ©els, publiquement en ayant l’impression de ne pas tout-Ă -fait se livrer vu qu’on le fait par le biais d’un outil.

Et ce paradoxe de publier sur Internet son journal intime, certaines plateformes de blogs l’ont parfaitement compris, permettant de restreindre l’accès et la lecture de son blog Ă  une liste d’amis (par exemple les Spaces de Microsoft qui permettent la lecture uniquement Ă  ses contacts MSN, la fonctionnalitĂ© « privĂ© » sur WordPress et la possibilitĂ© de mettre un mot de passe sur certains articles).

Conclusion

Qu’on ne s’y mĂ©prenne pas : l’Ă©ducation aux mĂ©dias, sous une forme intelligente (pas apprendre Ă  mettre en gras), est nĂ©cessaire, voire indispensable, si l’on veut travailler dans le mĂŞme sens que les vidĂ©os prĂ©sentĂ©es ci-dessus.

De l’incapacité des autorités éducatives à considérer les réseaux sociaux avril 26 2007

Publié par tice in : Education 2.0, Enseignement, web2.0 , ajouter un commetaire

Networked teacherBeaucoup de choses bougent au niveau de l’Education aux USA vis-Ă -vis des rĂ©seaux sociaux. Certains Ă©tablissements scolaires vont jusqu’Ă  exiger des Ă©lèves qu’ils ferment leur « MySpace » (l’Ă©quivalent d’un skyblog). J’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© le paradoxe du blog qui est Ă  la fois perçu comme un gadget dangereux (en termes de droits Ă  l’image) mais considĂ©rĂ© (trop rarement) comme un outil pĂ©dagogique puissant dans une pĂ©dagogie active.

Bien sĂ»r, la problĂ©matique de l’identitĂ© numĂ©rique dans la recherche d’un emploi par exemple est un danger que l’Ă©cole. L’interdiction de consulter WikipĂ©dia n’est donc pas un hapax dans le monde Ă©ducatif.

A quand un cours d’Ă©ducation aux mĂ©dias qui soit rĂ©ellement porteur de sens pour l’Ă©lève, en Ă©voquant par exemple le problème de l’anonymat sur Internet, l’Ă©volution du web et du rapport homme-machine, la nĂ©cessitĂ© de repenser le droit d’auteur (assortie d’une rĂ©flexion sur toutes les autres formes de droits (Ă  l’image par exemple)), les modèles Ă©conomiques (l’apparente gratuitĂ©) de Google et consorts, l’influence du format numĂ©rique dans notre rapport Ă  l’art (consommer un mp3 achetĂ© sur iTunes comparĂ© Ă  l’achat chez un disquaire modifie clairement notre rapport Ă  l’objet achetĂ©) ?

Oui, les problèmes pĂ©dopornographiques doivent Ă©galement ĂŞtre abordĂ©s mais je trouve qu’il y a une focalisation (Ă  la limite du lobbying par certaines associations) sur ce sujet, effaçant d’autres problĂ©matiques parfois plus larges. En arrĂŞtant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de tenter de courir après les connaissances intuitives des Ă©lèves, on gagnerait Ă  Ă©lever le dĂ©bat au-dessus de la recherche d’images sur Internet … Mais y a-t-il des professeurs compĂ©tents susceptibles de relever le dĂ©fi ?

Tout ça ne peut ĂŞtre possible que si le Ministère de l’Education prend en compte la dynamique du web social. Or en Europe l’incapacitĂ© Ă  intĂ©grer ce sujet est patent, en tĂ©moigne par exemple chez nous le refus de toute subvention pour Enseignons.be par la CommunautĂ© française. Accorder un sceau sur le processus (d’Ă©change, de partage) est trop rĂ©volutionnaire par rapport Ă  la validation d’un rĂ©sultat final (mĂŞme inappropriĂ©). La structure pyramidale de l’enseignement en CommunautĂ© française et plus largement dans l’institution scolaire dĂ©note et s’adaptera difficilement Ă  la sociĂ©tĂ© en rĂ©seau du web social.

Or le web social, ce n’est pas ce schĂ©ma qui moi aussi me dĂ©range (comme Pierre Lachance). Le web social, ce n’est pas une multiplication de l’offre Ă  un individu unique, c’est et la collaboration entre tous les individus (prof-Ă©lèves-voire parents) sur un objet d’apprentissage par exemple, et  le partage de la connaissance entre pairs pour de meilleures interactions profs-Ă©lèves, profs-profs, etc. Ce n’est pas forcĂ©ment un homme d’orchestre fatiguĂ©, mais au contraire un catalyseur d’informations Ă  redistribuer pour amĂ©liorer et son propre apprentissage (long-life learning) et l’apprentissage de ses Ă©lèves. Il serait d’ailleurs intĂ©ressant de voir ce que donnerait la rĂ©daction collective, sous forme d’un wiki, des programmes de cours Ă  enseigner .. :)

Les rĂ©seaux sociaux et ce qui s’y passe en terme de construction du moi et du nous ne sont-ils pas alors vĂ©cus comme une forme de concurrence, le rĂ´le de l’Ă©cole Ă©tant, entre autres choses, de transmettre et dĂ©velopper ce genre de choses. Ne faut-il pas voir la rĂ©action des Ă©coles amĂ©ricaines comme une manière de lutter contre un autre mode de construction de l’identitĂ© ?
Alexis Mons

Tout ceci Ă©tant corroborĂ© par l’enquĂŞte de MĂ©diapro dont je vous laisse dĂ©couvrir les conclusions de François Jarraud, du CafĂ© PĂ©dagogique :

La conclusion la plus frappante de l’ensemble de cette étude réside dans le fossé marqué entre les usages de l’Internet à la maison et à l’école. Dans tous les pays, Québec inclus, ce fossé s’impose en termes de fréquence d’utilisation, d’accès, de régulation, d’apprentissage et de développement d’aptitudes, et de type d’activités. Les données montrent que c’est un gouffre qui s’ouvre. Toutes les fonctions importantes pour les jeunes existent hors de l’école, comme l’essentiel de leurs apprentissages (surtout de l’auto-apprentissage et de l’apprentissage entre pairs). Dans le même temps, les écoles restreignent l’accès, interdisent certaines pratiques sans aucune nécessité, ne parviennent pas à comprendre la fonction communicationnelle d’Internet, et, pire que tout, échouent à transmettre les compétences de recherche documentaire, d’évaluation des sites, de recherche et de production créative qui devraient être les plus importantes pour elles. On note partout clairement que les jeunes ne peuvent pas acquérir les savoir-faire nécessaires dans de bonnes conditions. Alors que dans certains pays, ils se révèlent des usagers sophistiqués de l’Internet, comprenant bien les aspects moraux et culturels, en France en particulier, il existe des pays où ils sont beaucoup plus faibles, surtout en ce qui concerne les questions d’ordre légal qui sont liées à ces médias. En outre, il est évident dans tous les pays qu’ils surestiment leur propre capacité à évaluer. Ce sont des types de connaissances et de compétences critiques que seule l’école peut transmettre. Alors que la littérature académique discute beaucoup du potentiel créatif des nouveaux médias, on constate ici que le travail créatif est limité, et qu’une minorité de jeunes développent des sites personnels ou des blogs. De plus, ces objets peuvent facilement être laissés en sommeil. A nouveau, il y aurait un rôle évident à jouer pour les écoles dans le développement de ces aptitudes plus délicates à acquérir.