Le genre, c’est quoi ça ?

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Cherche h/f attentifs à la dimension de genre…

 …Stop… 2007 Prix Verseele attribuĂ© Ă  des livres pour enfants dont tous les hĂ©ros sont masculins…Stop… Mai 2008, fancy-fair, un directeur compte sur les dames pour la cuisine, la vaisselle et le service ; il voit les messieurs plutĂ´t au barbecue et au bar…Stop…DĂ©but dĂ©cembre 2010 un photographe hollandais se voit refuser la diffusion de ses photos publicitaires pour une chaĂ®ne de vĂŞtements, ses photos sont jugĂ©es sexistes…Stop…NoĂ«l 2010 comme cadeau pour Papa un enfant discute avec sa Maman ; on lui offrirait bien un dĂ©codeur…, pourquoi pas un robot pour fabriquer de bons jus d’orange ?…Stop…

Stéréotypes, touches sexistes, ou habitudes culturelles inscrites dans notre nature ? Aux dires de beaucoup cela a créé des inégalités qui nous demandent de réagir si nous voulons construire une société plus juste et plus équitable pour tous.

Cette problématique concerne la dimension du genre et depuis plus d’un an la CSC a voulu en faire un de ses chevaux de bataille car l’inégalité entre hommes et femmes sur le marché du travail est un constat qui a la vie dure.

J’ai eu l’occasion dernièrement de participer à la traditionnelle journée d’étude de la CSC consacrée à l’égalité hommes et femmes. Le thème se focalisait cette fois sur l’(in)égalité entre les hommes et el les femmes dans les CCT. Lors de la matinée, après la présentation des résultats d’une étude sur la dimension, il était prévu des débats dont un consacré à l’enseignement. L’après-midi était réservé à des tables rondes dont une également sur les stéréotypes sexistes dans notre enseignement. En voici quelques échos…

La perspective de genre dans la concertation sociale au niveau sectoriel

CommanditĂ© par la CSC auprès de la sociĂ©tĂ© HIVA – K.U.Leuven et de la Fondation Travail-UniversitĂ© – Namur, cette Ă©tude a tentĂ© d’évaluer l’impact de la concertation de CCT sectorielle et de l’action de la CSC dans cette concertation. Un double objectif a Ă©tĂ© poursuivi : d’une part inventorier des exemples d’actions rĂ©gulatrices sectorielles qui renforcent ou diminuent les inĂ©galitĂ©s entre les sexes ; d’autre part, parvenir Ă  une action sensibilisante dans la formation ultĂ©rieure et l’échange d’informations avec les nĂ©gociateurs sur ce thème.

Le travail d’analyse de 40 commissions paritaires au départ s’est porté sur 20 commissions représentatives. Il en est ressorti suite à l’analyse de textes et aux entretiens avec les négociateurs, outre des fiches sectorielles, une discussion thématique en quatre chapitres : écart salarial, ségrégation du marché de l’emploi, flexibilité et conciliation vie professionnelle/familiale, et intégration de la dimension du genre dans le processus.

Pour la thématique qui nous concerne, les auteurs de l’étude affirment : « … que les centrales syndicales et les secteurs, chacun à leur manière, ont formulé et poursuivi des objectifs qui profitent directement et ou indirectement à l’égalité des femmes et des hommes sur le marché de l’emploi. Des bonnes pratiques existent. Toutefois, la discrimination des genres n’a pas toujours été abordée à cette occasion. Dans quelques commissions paritaires, l’égalité des droits et l’égalité des chances pour les femmes et les hommes ne constituent pas une thématique au sein des débats, ni à l’échelle interne, ni dans les négociations.

L’enseignement est-il équilibré en matière de genre?

Les questions qui ont été posées ont été les suivantes : dans quelle mesure les compétences terminales sont-elles neutres sur le plan du genre? Comment les enseignants abordent-ils la dimension du genre? Celle-ci bénéficie-t-elle d’une attention suffisante dans la formation des enseignants? Quid si monsieur Marc n’a que des femmes comme collègues? Nous avons débattu des stéréotypes liés au genre dans l’enseignement secondaire et des éléments qu’ils influencent.

Pour nous aider dans notre réflexion nous avons écouté deux interventions l’une d’un directeur d’une école secondaire et l’autre d’une enseignante qui a créé un jeu pour sensibiliser ses élèves à la condition de la femme et son évolution.

Écoutons Mr R. Du Jardin, directeur du Leonardo Lyceum : « «Mon» capital, «mon» expertise, « mon » outil, « mon » orgueil, ce sont mes 72 employĂ©s, 40 femmes et 32 hommes, une politique (de recrutement) consciente… Au niveau du recrutement : les compĂ©tences d’un candidat enseignant sont prioritaire. Si un candidat de sexe fĂ©minin est plus compĂ©tent, alors je recrute ce professeur. Le point de dĂ©part est toujours de recruter les meilleurs talents, qu’ils soient hommes ou femmes, immigrĂ©s ou plus âgĂ©s. Les deux qualitĂ©s masculines et fĂ©minines jouent un rĂ´le important dans l’Ă©ducation des enfants. Il semble appropriĂ© de laisser entrer en ligne de compte de manières Ă©gales les compĂ©tences Ă©ducatives spĂ©cifiques masculines et fĂ©minines. Je ne voudrais pas m’enliser dans des clichĂ©s d’hommes et de femmes dans l’Ă©ducation, mais c’est ma prĂ©occupation de laisser ces deux aspects entrer en ligne de compte… »

Me Poncin, enseignante au 1er degré dans une école bruxelloise a conçu un jeu style jeu de l’oie et propose aux élèves de découvrir la condition féminine à l’époque contemporaine. Au départ du jeu les élèves choisissent un pion et au fur et à mesure du jeu découvrent son genre, masculin ou féminin. Au cours du jeu les élèves découvrent que les pions « féminins » avancent plus difficilement (arrêt durant un ou deux tours, recul…) cela étant du aux différences entre hommes et femmes (éducation, droit de vote, travail…), différences qui s’amenuisent petit à petit au fil du temps.

La question qui a ensuite été posé concernait la manière de faire pour stimuler l’attention pour le genre dans la formation supérieure des enseignants. Les pistes que j’ai évoquées au nom de la CSC-E ont été les suivantes :

« Si l’on vise une formation de qualité pour nos futurs enseignants, il y a beaucoup de choses à faire et la problématique du genre risque de passer bien après d’autres choses.

Dans la formation initiale, nous devons travailler énormément sur les savoirs et les savoir-faire avec nos étudiants. On travaille les différentes matières (le français, les mathématiques, les sciences…) et la méthodologie. Cela laisse peu de place pour le reste (apprendre la concertation, connaître l’institution scolaire, établir de bonnes relations avec les parents,…).

Aujourd’hui la formation se passe en 3 ans mais on parle de l’allonger à 5 ans ; nous pouvons en tant que syndicat appuyer des projets où des cours envisageraient le savoir-être dont la question du genre. On pourrait aussi l’envisager dans la formation continue.

Mais peut-être pouvons-nous avoir un angle d’attaque via l’ensemble des enseignants d’une haute école et ceci par le Conseil de Prévention et de Protection au Travail. Le conseil peut lancer une campagne de sensibilisation de tous les enseignants d’une école. C’est vrai que l’on a beaucoup de choses à penser mais on pourrait peut-être commencer par la journée de sensibilisation, de « contamination » à la problématique du genre (pour se donner le virus…), puis peut-être une semaine (de soins intensifs…)… »

De la maternelle au diplôme, les stéréotypes en action

Lors de cette table ronde Mme Sophie Pereira (Université des femmes) nous a présenté la recherche « Égal-e avec mes élèves C’est tout à fait mon genre ». Les résultats de cette recherche ont été concrétisés par la rédaction d’une brochure qui se veut une petite littérature à l’usage des profs qui se soucient des filles et des garçons.

Dans cette brochure, aucune pédagogie en particulier n’est conseillée, aucun courant n’est préconisé plutôt qu’un autre. Il n’y a pas de « recette » ou de « méthode-miracle » mais des pistes, entre autres :

-          porter attention à la répartition des tâches

-          porter attention aux stéréotypes sexués présents dans l’environnement et développer l’esprit critique par rapport à ceux-ci

-          porter attention aux interactions dans les groupes entre jeunes et avec les équipes éducatives, à la répartition du temps de parole entre les filles et les garçons

-          s’auto-observer, et/ou s’observer entre collègues…

Une initiative du cabinet Marcourt

De nouveaux budgets FSE permettent de donner un nouveau développement au projet FSE « Filles-garçons, une même école », créé entre 2007 et 2009 par une équipe l’EAD (Enseignement à Distance de la Communauté française ; http://www.ead.cfwb.be/index.php?id=offre_egalite_filles_garcons). 

Succinctement, les objectifs du projet « filles – garçons, une même école 2 » sont les suivants :

-          Objectiver les causes des disparités filles/garçons dans les filières de l’enseignement supérieur et hommes/femmes dans les carrières académiques ;

-          Concevoir un module de formation à l’approche du genre dans l’enseignement, partant de l’outil de sensibilisation à l’approche du genre, créé par l’EAD, dans le cadre du 1e projet FSE « filles-garçons, une même école » qui a pris fin en décembre 2009, et destiné :

  • Aux profs de pĂ©dagogie des HE et Unifs, sachant que si le dĂ©cret HE a Ă©tĂ© modifiĂ© sous la prĂ©cĂ©dente lĂ©gislature pour intĂ©grer l’approche du genre dans le module de 30h relatif Ă  l’approche de multiculturalitĂ© Ă  l’école, les profs de pĂ©dagogie, pour peu qu’ils connaissent cette modification n’ont pas encore Ă©tĂ© outillĂ©s pour intĂ©grer l’approche du genre dans leur cours ;
  • Aux enseignants en fonction (via l’IFC) ;
  • Aux profs de pĂ©dagogie de l’EPS qui prĂ©parent au CAP. 

-          Expérimenter le module auprès des 3 publics cibles et assurer sa diffusion après évaluation positive. 

La problématique du genre est donc au cœur de divers projets et nos politiciens s’en préoccupent. Pas plus tard que mercredi 15 décembre le parlement de la Communauté française a adopté à l’unanimité une proposition de décret visant à une répartition équilibrée des hommes et des femmes dans les organes de gestion des organismes de la Communauté. Espérons que d’ici peu le genre ne soit plus un problème…

Bonjour tout le monde !

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Bienvenue sur le blog de M. Damay, enseignant Ă  la HE Charleroi-Europe. Vous trouverez sur ce blog des Ă©chos de quelques activitĂ©s et projets de l’annĂ©e acadĂ©mique 2008-2009. Ce blog ne se lit pas encore comme un roman car le temps manque pour y dĂ©crire mot Ă  mot notre vie d’enseignant…

… Comme dit St Jean : »JĂ©sus a fait encore bien d’autres choses : si on les Ă©crivait une Ă  une le monde entier ne pourrait, je pense, contenir les livres qu’on Ă©crirait. » (Jn 21, 25)

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