

Dans le cadre d’un échange de correspondance avec des écoles de Kinshasa, deux Congolais, Pat et Asymba, sont venus parler aux élèves de 2ème et de 3ème année de la vie quotidienne dans la capitale du Congo … Une visite qui a provoqué des réactions très vives.
Les explications de Pat et Asymba ont permis à la plupart des élèves de mieux visualiser le quotidien de leurs correspondants à Kinshasa Montrer ▼
Avant, l’Afrique, c’était un peu l’inconnu pour moi. J’étais influencée par les médias : guerres, pauvreté, famine etc. Je croyais aussi que la brousse et la ville, c’était la même chose. Maintenant que Asymba et Pat sont venus, il me semble que j’ai une autre image de l’Afrique. Apparemment, ils mangent comme nous, s’habillent comme nous, ont la télé, l’ordinateur etc… Ca a vraiment fait bouger les choses dans ma tête, donc c’est plutôt positif. En tout cas, ils étaient très sympathiques et j’aimais bien la façon dont ils se parlaient entre eux en se contredisant !
Pat et Asymba m’ont appris que l’Afrique, ce n’est pas seulement la savane avec des lions, des girafes etc mais plutôt des bâtiments comme ceux de notre école. Il y a aussi beaucoup de végétation, une graine pousse au bout de deux jours ! Maintenant j’ai plus envie d’aller au Congo, j’ai envie de voir exactement à quoi ça ressemble. J’ai envie d’aller à Kinshasa pour voir les écoles avec lesquelles on correspond.
Avant, je pensais qu’il y avait la guerre un peu partout en Afrique et dans ce cas à Kinshasa. Mais ce n’est pas le cas. J’ai aussi appris que là -bas tous les jeunes ou pratiquement avaient un ordi et Internet et qu’ils s’habillent comme ici, et qu’il n’y a presque pas de mendiants
J’ai appris que les femmes congolaises doivent savoir cuisiner, que les maisons n’ont pas d’étage et qu’il n’y a pas autant de pauvreté et de guerre que la télévision, la radio… le disent.
Mon image de l’Afrique a changé en bon. Maintenant ça ne me dérangerait plus d’aller en Afrique pour les vacances. Et pour les langues j’étais bluffé de savoir que pratiquement tous les Congolais parlent français ; ça m’a épaté.
J’ai appris que les écoles étaient beaucoup plus strictes et qu’il y avait un uniforme et même une coupe de cheveux obligatoire !
Ils nous ont donné une autre image du Congo. Ils nous ont dit qu’ils s’habillaient comme nous, alors que moi je pensais qu’ils se promenaient presque nus dans la rue, c’est ce que les médias nous montrent ici. Pat et Asymba nous ont aussi dit qu’ils allaient à l’école comme nous, qu’ils avaient Internet, la télé et même MTV ! Ils m’ont appris beaucoup de nouvelles choses. Et grâce à eux j’ai une vision du Congo que je n’avais pas avant ! Mais en même temps ma tante a habité en Afrique, en Ouganda, et elle me disait que la plupart des gens étaient vraiment très pauvres… Donc ma vision de l’Afrique reste à peu près la même, mais pour moi c’est comme si le Congo ne faisait pas partie de l’Afrique car ça a l’air tellement différent.
Au début, je croyais que tous les Congolais vivaient dans la brousse, dans des maisons en terre cuite, qu’ils devaient cultiver et élever des animaux et après la première correspondance et les premières réactions j’ai remarqué que c’étaient des personnes comme nous sauf qu’ils vivent en Afrique. Pour moi, le Congo c’est la même chose que chez nous, sauf pour l’électricité et les routes.
J’ai appris que Kinshasa est une ville comme Bruxelles mais sans supermarché parce que les Congolais achètent leur nourriture dans des marchés qui se déroulent chaque jour.
J’ai appris qu’ils n’ont pas de métro et qu’ils n’ont pas l’électricité dans tous les coins de la ville, mais qu’ils ont des commerces comme nous, et j’ai appris que POTO veut dire Europe.
J’ai été étonné que Pat ne connaisse pas plus que ça la brousse.
Maintenant, je pense avoir un meilleur point de vue de l’Afrique car je savais qu’il y avait des grandes villes mais ne je savais pas qu’ils avaient des gsm, des Ipod etc… Je pensais aussi qu’ils s’habillaient avec des robes colorées comme on voit toujours à la télé. Je pensais que leur nourriture se composait uniquement de riz et d’insectes alors qu’elle est variée. Ils ont aussi des belles maisons et des voitures. Moi je pensais qu’ils se déplaçaient en vélo uniquement ! J’ai beaucoup aimé la visite.
Néanmoins, beaucoup d’élèves continuent à trouver que la situation reste floue. En eux, l’incompréhension demeure et la déception par rapport à la venue tant attendue des visiteurs est énorme… Montrer ▼
Ce que je n’ai toujours pas compris c’est pourquoi dans la BD analysée en classe on nous montre et on nous dit que les Congolais veulent émigrer et dans leurs lettres personne parmi nos correspondants ne veut venir ici, ou seulement pour des raisons touristiques. Quand j’ai posé la question à Pat et Asymba, ils m’ont dit qu’on a tous le droit de rêver. Je trouve qu’ils n’ont pas très bien répondu à ma question. Depuis novembre, mon image de l’Afrique a changé mais elle reste toujours floue…
On nous dit que les Congolais mangent comme nous mais nos correspondants disent que nous sommes bizarres. Vincent nous a montré un ballon de foot en feuilles de bananier mais Pat et Asymba disent que les enfants ont tout comme nous.
Les Congolais nous disent que les jeunes là -bas s’habillent comme nous, mais dans les lettres ils ont critiqué notre habillement. Je ne comprends pas trop.
Je n’ai toujours pas compris pourquoi il y a des perruques dans les magasins des quartiers noirs s’ils ne rajoutent que des mèches.
Pat et Asymba semblaient toujours devoir nous prouver que leur pays est magnifique. Leur discours n’était pas neutre et je me pose autant de questions qu’avant. Ils disent que nous avons des clichés mais ils en ont plein sur l’Europe aussi (on ne s’occupe pas des grands-parents, on ne fait pas bien la cuisine…) et ils ne s’en rendent même pas compte. Je suis déçue.
Ils ont répondu à mes questions, mais pas comme je le souhaitais. Je visualise Kinshasa mais juste parce que j’ai été voir sur Google ! Donc cette visite m’a un peu déçue…Je ne vois toujours pas comment est Kinshasa, comment les gens y vivent. Pat et Asymba répétaient tout le temps « comme en Belgique » et c’est très vague… Ils étaient plus en train de rire de nos questions (« Dans ton pays, c’est comment ? et bien à Kinshasa, c’est pareil ! ») que d’y répondre. J’aurais aimé qu’on voit des photos des lycées, des maisons, de la nature, de la nourriture etc
Une poignée d’élèves commencent malgré tout à comprendre que la problématique est simplement compliquée, et qu’ils ne peuvent réduire Kinshasa … à un nouveau cliché! Montrer ▼
Le Congo n’est pas un pays pauvre, c’est un pays mal exploité car l’Afrique a beaucoup de richesses. J’ai compris que, comme dans la plupart des pays, il y a des endroits pauvres et des endroits riches. Pat et Asymba nous ont aussi expliqué que dans les lettres qu’on a reçues les élèves de Kinshasa étaient parfois critiques mais que c’était sûrement pour bien montrer leur avis et que ce n’était pas par mauvaise intention.
Avant la visite de Pat et Asymba, je croyais que l’Afrique était surtout pauvre. J’ai appris qu’il y avait des coins riches et qu’il y avait les mêmes choses qu’ici (la télé…) Mais la richesse n’est pas partout. Ma vision de l’Afrique a donc changé.
Une découverte qui est donc loin d’être achevée. Notre dernier courrier est arrivé à Kinshasa il y a deux semaines; nous attendons les réponses avec impatience, espérant que ces lettres nous permettront de mieux appréhender encore la réalité congolaise.