mai 17 2010

Cause toujours, Monseigneur …

Qui peut mieux le dire que les Catholiques qui n’entrent pas dans la catégorie des “qui obéissent le doigt sur la couture du pantalon” ?

Et qui sont ces Catholiques qui écoutent, certes, mais en définitive, font ce qui leur semble juste et bon.
N’en déplaise aux Monsignore qui visent Rome ?
Qui ?
Les Catholiques éduqués au sens critique. Et à l’indépendance morale.
Me font bien rigoler ceux qui voient les Cathos comme une bande d’illuminés décérébrés.

Depuis des lunes, des Cathos, beaucoup plus nombreux qu’on veut bien le dire, laissent dire et font .. ce qu’ils peuvent … et ce qu’ils croient bien.

Bien des femmes catholiques ont pris la pilule , parlé contraception et travaillé dans des plannings familiaux n’en déplaise à l’Encyclique Humanae vitae.
Des hommes et des femmes catholiques ont divorcé, se sont remariés et se disent toujours catholiques parce qu’ils se savent nourris de quelque chose qui a bien plus de valeur que les morales étriquées auxquelles on réduit souvent l’héritage de l’église.

Des Catholiques accueillent à bras ouverts des prêtres, religieux, religieuses mariés. Lesquels ont bien souvent encore des places de responsabilité dans le monde chrétien : dans les syndicats, les écoles, le journalisme ….

Des théologiens se sont fait crossé et continuent à penser, à publier, à enseigner. ils ne sont pas moins écouté qu’avant…. C’est parfois le contraire.

Des chercheurs dans les Universités Catholiques continuent à chercher dans des domaines qui ne plaisent pas à Rome. Et Mgr Léonard a eu beau essayer, là comme ailleurs, à grand coup de sonnettes médiatiques, de remettre l’église au milieu du village. Il s’est cassé les dents.

Il y a autant de crétins cathos que de crétins laïques.

Il y a autant d’ambitieux, autant de manipulateurs, autant de passeurs de brosse à reluire …

Autant de résistants courageux, d’analystes critiques et d’amateurs de diversité.

Ne nous laissons pas piéger par du prêt à penser, du prêt à régurgiter.
L’intelligence n’est le monopole de personne.
Et quand on en a une… qu’on s’en serve… Et qu’on laisser pisser le merinos !

mai 11 2010

Le monstre catholique

“Nessie” Léonard sort la tête du marigot et fait “bouh”, toute la presse exulte : elle a la photo du monstre et de son monde sous marin et inexplicable.
Les bouffeurs de curés sont ravis, ils ont enfin quelqu’un qui leur donne raison.

Mieux vaut en rire.

ET redire que Mgr Léonard est primat de Belgique, certes. Mais il n’est pas l’Eglise à lui tout seul.Les catholiques ne sont pas monolithiques et unis comme on aimerait le croire- pour simplifier ?

C’était un prof de philosophie thomiste, un bon. Eh bien, il fait partie de ces gens qui croient pouvoir plier le réel à l’idéal qu’ils ont construit. D’y croire et d’essayer, ils appellent cela la foi.

D’autres sont immergés dans le réel, essaient d’y trouver du sens, de ne pas désespérer et ne savent toujours quoi faire pour bien faire. Ils essaient de ne pas dire plus qu’ils ne sont capables de vivre. Et ils appellent cela la foi.

Il y a une reprise en main politique de l’Eglise. C’est là qu’on voit que dans la réalité – et pas dans un monde parfait – l’église n’est pas vraiment – catholique et universelle et qu’elle ne fait pas l’économie des luttes de pouvoir et d’influences. Cela magouille comme dans n’importe quel groupe humain. Un alpha crabe influence le panier de crabes. Léonard travaille au ravalement de la façade : il veut annoncer clairement le message, il veut faire toute la lumière sur les curés pédophiles et redit la beauté du célibat, parce, peut-être, Jésus était célibataire.L’Idéal comme programme et orientation d’action. Est-ce que la Foi c’est prendre ses désirs pour des réalités ?

Moi, je ne le crois pas, je suis catholique et professeur de religion catholique. Et Monseigneur Machinchose ne peut rien y changer quand bien même il le voudrait. Il se trouve que la réalité résiste.

Alors, je vais laisser dire le Monseigneur et continuer mon travail tranquillement : il y a des jeunes concrets, réels qui m’attendent et qui ont des choses à découvrir et à partager. Et s’ils s’intéresent plus aux vampires , à Harry Potter qu’à Jésus-Christ… Eh bien, je considère que mon métier est d’aller voir ce qui se passe chez Harry Potter qui soit si fascinant. Et, parce que j’ai la foi, je sais que ce faisant, je ne suis pas à côté de mon sujet. ” Là où est ton trésor, là se trouve ton coeur”, ce n’est pas moi qui l’ai dit. :)

Ce qui est dommage pour des gens comme certains de mes collègues et moi, c’est que ces “bêtises”  vont faire plus de tort que de bien. Il faut déjà une solide réputation de professeur sérieux et ouvert pour se faire sa place dans une école pluraliste. Mais des parents qui inscrivent leur enfant ne connaissent pas toujours, et on ne peut pas dire que le choix de l’option philosophique fasse l’objet de longs débats ! Là encore, n’en déplaise à l’archevêque, c’est une tendance lourde.

mai 01 2010

Robin n’est pas dans l’bain …

Je suis allée un peu chahuter devant l’Elysette ce jeudi…

Pas pour rien apparemment.

A nous d’être vigilants pour que ne nous revienne pas le boomerang d’après élections. En Août par exemple, quand plus personne ne sera là et qu’on sera sans doute encore dans l’attente d’un compromis à la belge qui n’empêchera pas le gouvernement communautaire de travailler et de repasser les plats…

Petite réflexion de fonds.

On a dit beaucoup de bêtises sur les différences entre les écoles, la mixité sociale etc …

De même qu’on ne voit jamais une réflexion de fond sur la réalité du travail de l’enseignant. Pas plus dans les syndicats que dans les milieux décideurs, d’ailleurs. On évoque toujours les normes d’encadrement et les plages horaire des enseignants en ne comptablisant que les heures face à la classe.

Quel rapport, me direz-vous ?
En fait, tout est lié.

Nous faisons un métier complexe, dont on réfléchit la gestion d’une manière extraordinairement simpliste.

non, le travail d’un enseignant ne consiste pas seulement à donner ses cours, ni même à les préparer et à corriger des copies. ( Ce que des personnes un peu moins malveillantes veulent bien nous concéder)

Un enseignant enseigne.
Un enseignant participe à des conseils de classe, de guidance, à des réunions de parents, de coordination

Un enseignant rédige du courrier, des rapports ( de délibération, de guidance), des bulletins. Cette partie administrative a augmenté de manière exponentielle ces dernières années.

Un enseignant travaille en équipe : pour organiser la matière dans la discipline, mais aussi pour des projets transversaux, pluri disciplinaires, innovants…

Un enseignant parfois, coache des classes, des élèves en difficulté, des parents en difficultés avec l’école:

Un enseignant anime la culture de son école : il organise des voyages, des visites, des échanges, des conférences, des soupers, des concours de carte, des spectacles, il anime un journal….

Un enseignant se forme. Dans sa matière, dans l’utilisation des TICE et dans le relationnel.

Mais quand il s’agit d’envisager sa rémunération, on ne compte que sa présence devant la classe, classe organisée grâce au NTPP, c’est à dire aux nombre de période professeur attribuable en fonction du nombre d’élève inscrits.
Comme si ne comptait que ce temps là.
Le reste est extensible à l’infini. Obligatoire ( prévu dans le contrat de travail soit le décret-mission et ses arrêtés d’application) Mais, malgré cela, non compté,non limité.

C’est là à mon avis qu’est l’embrouille et l’arnaque.

La volonté louable de créer une véritable mixité sociale ne peut s’envisager qu’en prenant en compte ( au sens littéral du terme) le temps que l’on consacre à créer une culture d’école ou à la transformer, à la faire évoluer, à rassurer, informer et encadrer les jeunes, les collègues et les parents, soit toutes les parties prenantes d’un projet.
C’est de temps et de temps prévu, planifié, pour lesquel on aura organisé au préalable de solides formations, de suffisantes séances d’échanges et d’informations. Du temps qui sera payé et non plus laissé à la bonne volonté de quelques pigeons surmenés qui s’attaquent à ce que la société produit de plus résistant et de plus désespérant : la reproduction transgénérationnelle de l’inégalité “naturelle”.

La lutte pour l’égalité des chances, ce n’est faire des économies d’échelle.

C’est investir, et investir beaucoup, sur le court, le moyen et le long terme. En espérant, au bout des comptes, en sortir gagnant.

Soutenir ou faire croire le contraire c’est mentir, refuser de se donner les moyens humains et intellectuels de réussir et faire peser, encore et toujours plus, un poids insupportable de culpabilité et de sentiment d’impuissance sur les acteurs en place.

Bien gentil Robin des bois… Mais complètement hors sujet.